Nouveau départ

Licencié à 35 ans : ce que Guillaume a fait la première semaine

Trois après-midi de suite, il s’est assis dans un fast-food pour que sa femme ne sache rien. Ce qui l’a aidé à rentrer, à lui dire, et à repartir.

Par AnonymeGuillaume, 35 ans, chef d’équipe en logistique dans le Loiret6 min de lecture

Des champs verts dans la brume du matin

Chaque histoire réunit les vécus de plusieurs personnes.

L’histoire

Trois après-midi au fast-food

La réunion a duré onze minutes. L’entreprise de logistique où Guillaume travaillait depuis neuf ans, près d’Orléans, réduisait ses coûts, et son équipe d’entrepôt allait être regroupée avec un autre site. Son poste de chef d’équipe était supprimé. Une personne des RH a fait glisser une pochette sur la table et a dit : « On est vraiment désolés, Guillaume. » Il a répondu merci, parce qu’il ne savait pas quoi dire d’autre.

Il est sorti du parking à quatorze heures et n’est pas rentré chez lui. Dispensé de préavis, il ne remettrait plus les pieds à l’entrepôt. Il s’est garé devant un fast-food de la zone commerciale, près de la rocade, a commandé un café et il est resté là jusqu’à dix-huit heures, l’heure où il quittait le travail d’habitude. Puis il est rentré, a dîné avec sa femme, Sophie, et leurs deux enfants, et il a dit que la journée s’était bien passée.

Le lendemain, il a refait la même chose, et le surlendemain aussi. Chaque après-midi, il ouvrait les sites d’offres d’emploi sur son téléphone, faisait défiler, refermait, et fixait le parking. Il avait 35 ans, un crédit auto et un fils qui venait d’entrer au CP. Une question tournait en boucle : « Comment je vais le dire ? »

Le troisième soir, Sophie lui a demandé pourquoi sa tenue de travail ne passait plus jamais à la machine. Il a essayé d’en rire. Puis il a pris sa tête dans ses mains à table, et on a envoyé les enfants regarder un dessin animé.

Ce qui était dur

Pourquoi perdre son emploi pèse si lourd

Pour Guillaume, ce travail était bien plus qu’une fiche de paie. C’était sa façon de faire vivre sa famille, sa réponse à « Et le boulot, ça va ? » aux repas de famille, et sa manière de mesurer s’il était un bon mari et un bon père. Quand le travail s’est arrêté, il a eu l’impression que tout ça partait avec.

La honte l’a poussé à se cacher. Il avait peur de décevoir Sophie, peur d’inquiéter ses parents, peur que son beau-frère remette le sujet sur la table au prochain anniversaire. Se cacher lui prenait des forces, et ces forces, il les prenait sur son sommeil. Presque chaque nuit, il était réveillé à trois heures, à faire des calculs dans sa tête.

La peur courait plus vite que les faits. Dans sa tête, un licenciement devenait des mois sans travail, puis des mensualités impayées, puis les enfants qui changeaient d’école. Rien de tout ça n’était arrivé. À trois heures du matin, tout lui semblait certain.

Il se sentait perdu, aussi. Pendant neuf ans, ses journées avaient eu une forme claire : réveil, route, entrepôt, maison. Maintenant, les journées n’avaient plus de bords, et il ne savait pas par où commencer.

Ce qui a aidé

Que faire après un licenciement : ce qui a aidé Guillaume

Le dire à Sophie a tout fait basculer. Elle a un peu pleuré, puis elle est allée chercher un cahier. « Bon, a-t-elle dit. Qu’est-ce qu’on a ? » Rien n’était réglé ce soir-là. Pourtant, pour la première fois depuis trois jours, Guillaume a dormi jusqu’au matin.

Le cahier a aidé, lui aussi. Ensemble, ils ont noté ce qu’ils avaient : son indemnité de licenciement, un peu d’épargne, le salaire de Sophie, professeure des écoles, et les allocations chômage à venir. Puis ce qu’ils devaient chaque mois, et ce qui pouvait attendre. Voir les vrais chiffres faisait peur, et c’était moins grave que la version qu’il avait dans la tête. En faisant attention, ils pouvaient tenir plusieurs mois.

Ensuite, Guillaume a redonné une forme à ses journées. Dès le lundi, il a fait son inscription comme demandeur d’emploi. Il se levait à l’heure habituelle, prenait son café dehors et traitait sa recherche comme une journée de boulot. Le matin, les candidatures et les messages aux anciens contacts. L’après-midi, quelque chose d’utile à la maison, comme réparer le portail qu’il laissait grincer depuis un an. Il s’arrêtait à dix-sept heures.

Il en a parlé autour de lui, et c’était le plus dur. Il a écrit à un ancien chef, à deux anciens collègues et au groupe d’hommes de son église : « J’ai été licencié. Si quelqu’un entend parler d’un poste en logistique ou en entrepôt, je cherche. » Deux personnes ont répondu le jour même. L’une lui a envoyé une piste. L’autre a juste écrit : « On se prend un café ? », et l’a écouté pendant une heure.

Il a prié honnêtement, ce qui, pour Guillaume, voulait dire admettre qu’il avait peur. Son pasteur lui a rappelé Lamentations 3:22-23 : chaque matin, la bonté de Dieu est neuve. Guillaume a écrit la référence sur la première page du cahier, au-dessus des chiffres.

Il a fallu onze semaines. Guillaume a été embauché comme responsable d’exploitation dans une plus petite entreprise, du côté de Blois, un peu moins bien payé et avec plus de route. Certains jours, son ancienne équipe lui manque encore. Il sait aussi, maintenant, que sa valeur n’a jamais tenu à un intitulé de poste.

À essayer aujourd’hui

Aujourd’hui : donne une forme à demain

  1. Dis à une personne de confiance ce qui s’est passé.
  2. Note ce que tu as, ce que tu dois chaque mois et ce qui peut attendre.
  3. Fixe une heure de réveil et une heure de fin pour demain.
  4. Envoie un message à quelqu’un qui pourrait connaître un poste libre.

Un verset pour aujourd’hui

Les bontés de l’Éternel ne sont pas épuisées, Ses compassions ne sont pas à leur terme ; Elles se renouvellent chaque matin. Oh ! que ta fidélité est grande !

Lamentations 3:22-23

Pour toi

Si tu viens de perdre ton emploi

Si ça t’est arrivé cette semaine, le choc que tu ressens est logique. Perdre son emploi peut ébranler l’idée qu’on se fait de soi, surtout quand une famille compte sur toi. Accorde-toi une journée pour le ressentir.

Ensuite, fais un pas. Dis-le à la personne la plus proche de toi. Note les vrais chiffres. Donne une forme simple à demain : une heure de réveil, quelques candidatures, un message à quelqu’un qui pourrait connaître une offre, et une heure pour t’arrêter.

Si tu n’arrives plus à dormir depuis des semaines, si tu te sens sans espoir la plupart des jours ou si l’inquiétude prend toute la place, parles-en à ton médecin ou à un psychologue. C’est une étape normale, et ça peut rendre la recherche plus facile à porter.

Si tu veux commencer quelque part dès maintenant, HopeBegins est gratuit. Choisis ce que tu ressens et tu reçois une petite chose à essayer aujourd’hui, des outils pour t’apaiser face aux calculs de trois heures du matin, quelqu’un qui prie pour toi et des lignes d’écoute gratuites pour parler à quelqu’un. Si l’avenir te paraît flou, lis aussi quand on ne sait plus où aller.

Ça ne va pas aujourd’hui ?

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Ce que les gens se demandent

Que faire juste après un licenciement ?

Prends une journée pour encaisser le choc, puis parles-en à un proche et note tes vrais chiffres. Fais ton inscription comme demandeur d’emploi sans attendre, donne une routine simple à tes journées et fais savoir autour de toi que tu cherches.

Est-ce normal d’avoir honte après un licenciement ?

Oui, beaucoup de gens ressentent de la honte, surtout quand ils font vivre une famille. Un licenciement dépend souvent plus de l’entreprise que de toi, et en parler rend généralement le poids plus léger.

Les citations bibliques sont tirées de la Bible Louis Segond (1910), domaine public.

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