Deuil et chagrin d’amour

Le matin où le café s’est arrêté : le deuil d’une grand-mère

Pendant 25 ans, Maëlle s’est réveillée avec le café de sa grand-mère. Après l’enterrement, la cuisine est restée dans le noir. Voici comment elle a appris à porter son chagrin.

Par AnonymeMaëlle, 25 ans, professeure dans un collège près de Quimper5 min de lecture

Un café et un croissant sur une table au soleil

Chaque histoire réunit les vécus de plusieurs personnes.

L’histoire

Le café de six heures

Aussi loin que Maëlle se souvienne, sa grand-mère était debout avant tout le monde. À six heures, la cuisine de la maison familiale, près de Quimper, sentait le café, et une baguette tiède attendait sur la table à côté du beurre salé. Mamie servait une tasse à Maëlle et posait chaque jour la même question : « Alors, qu’est-ce que tu fais de beau aujourd’hui ? »

Mamie est tombée malade en juin. En août, elle était partie. Il y a eu ensuite le culte d’obsèques à l’église, les cantiques et les prières, la famille venue de Rennes et de Paris, puis le café après l’enterrement, avec les gâteaux et les cousins qu’on ne voyait plus. Maëlle servait les invités et restait occupée. Elle a à peine pleuré.

Puis tout le monde est rentré chez soi. Le premier lundi après l’enterrement, Maëlle s’est réveillée à six heures par habitude et a poussé la porte de la cuisine. Tout était noir. Pas de café. Pas de pain. Elle est restée là, en pyjama, et elle s’est enfin effondrée.

Ce qui était dur

Pourquoi le deuil frappe souvent plus fort après l’enterrement

Pendant les obsèques, il y avait toujours quelque chose à faire. Après l’enterrement, l’agitation s’est arrêtée, et le manque s’est installé dans les moments ordinaires. La chaise où Mamie s’asseyait toujours. Ses chaussons près de la porte. Son numéro, encore dans le téléphone de Maëlle sous « Mamie Jeanne ».

Maëlle a repris les cours au bout d’une semaine. Elle souriait devant ses sixièmes et pleurait dans les toilettes de la salle des profs à midi. Elle s’agaçait contre sa mère, puis s’en voulait. Certains jours, elle ne ressentait plus rien du tout, et ça lui faisait encore plus peur.

Les gens voulaient bien faire. « Elle est partie en paix. » « Au moins, elle ne souffre plus. » Maëlle croyait les deux, et pourtant ces phrases ne touchaient pas le vide de ses matins.

Elle avait aussi l’impression qu’elle aurait déjà dû aller mieux. Mamie avait 84 ans. D’autres avaient perdu un parent, et même un enfant. Qui était-elle pour s’effondrer pour une grand-mère ? Alors elle gardait son chagrin petit et silencieux, et il restait lourd.

Ce qui a aidé

Comment Maëlle a appris à vivre son deuil

Ce qui a aidé d’abord, c’est de laisser le chagrin être aussi grand qu’il l’était. Un soir, le pasteur de son église est passé et lui a dit : « Tu l’as eue tous les matins pendant 25 ans. Évidemment que ça fait mal. » Pour la première fois depuis l’enterrement, Maëlle a pleuré devant quelqu’un.

Elle a fait revivre les matins autrement. Un samedi, elle a acheté une baguette, fait le café dans la vieille cafetière de Mamie et s’est assise à table avec sa mère. Elles ont parlé de Mamie : ses blagues nulles, ses remontrances, sa façon de fredonner des cantiques en balayant la cour. Elles ont ri, puis pleuré, puis ri encore. C’est devenu leur rendez-vous du samedi.

Elle écrivait à Mamie dans un petit carnet, les choses qu’elle lui aurait dites autour d’un café. « Mamie, mes sixièmes sont intenables cette année. » « Mamie, tu me manques aujourd’hui. » Certains jours, elle n’écrivait rien. Le carnet était là quand elle en avait besoin.

Elle a laissé son corps vivre le deuil, aussi. Elle dormait quand elle était fatiguée, marchait le long de l’Odet en fin d’après-midi et a dit non aux projets en plus au collège pendant un temps.

Et elle priait honnêtement. Certains soirs, elle était en colère. D’autres soirs, elle disait seulement : « Seigneur, elle me manque. » Psaumes 34:19 lui a semblé vrai comme jamais.

Des mois plus tard, le chagrin était toujours là, et il avait changé. Il venait par vagues. Les bons jours, elle pouvait penser à Mamie et sourire. Les jours difficiles, elle savait qui appeler.

À essayer aujourd’hui

Cette semaine : garder une de ses habitudes

  1. Choisis une chose que la personne faisait : une recette, une chanson, un café le matin.
  2. Fais-la une fois cette semaine, de ton côté ou avec quelqu’un qui l’aimait aussi.
  3. Raconte une histoire sur elle pendant que tu le fais.
  4. Si tu pleures, laisse-toi pleurer. Si tu ris, laisse-toi rire aussi.

Un verset pour aujourd’hui

L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, Et il sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement.

Psaumes 34:19

Pour toi

Si tu es en deuil de quelqu’un que tu aimes

Si quelqu’un te manque en ce moment, il n’y a pas de calendrier pour ça. Le deuil vient par vagues, souvent dans les petites choses du quotidien que tu partageais avec cette personne. Le ressentir fait partie de l’amour que tu lui portais.

Essaie une petite chose cette semaine. Raconte à quelqu’un une histoire sur la personne que tu as perdue. Garde vivante une de ses habitudes : une recette, une chanson, un café le matin. Écris-lui un petit mot.

Si le chagrin t’empêche de dormir, de manger, de travailler ou de passer la journée pendant des semaines, ou si tout te semble sans espoir, parles-en à un médecin ou à un psychologue. Demander de l’aide pour traverser un deuil est une démarche normale.

Et si tu veux un point de départ aujourd’hui, HopeBegins est gratuit. Choisis ce que tu ressens et reçois une petite chose à essayer aujourd’hui, des outils pour t’apaiser, quelqu’un qui prie pour toi, et des lignes d’écoute gratuites pour parler à quelqu’un. Pour les jours lourds, Versets bibliques pour les jours de tristesse rassemble quelques versets et une courte prière.

Ça ne va pas aujourd’hui ?

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Ce que les gens se demandent

Comment surmonter la mort de sa grand-mère ?

Laisse-toi vivre ton chagrin, parle d’elle avec les gens qui l’aimaient, et garde de petits rituels qui te la rappellent. Repose-toi, mange et dors du mieux que tu peux. Si le deuil rend la vie quotidienne très difficile pendant des semaines, parles-en à un médecin ou à un psychologue.

Est-ce normal d’être aussi triste après la mort de sa grand-mère ?

Oui. Si ta grand-mère faisait partie de ton quotidien, la perdre peut faire aussi mal que n’importe quel deuil. Il n’y a pas de bonne durée pour faire son deuil.

Les citations bibliques sont tirées de la Bible Louis Segond (1910), domaine public.

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