Pression et burn-out

Projet de fin d’études, une crise à 2 heures du matin, et ce qui a aidé Lucas

Il était le premier de sa famille à faire des études d’ingénieur. Quand le projet a commencé à s’effondrer, il s’est effondré aussi, jusqu’au jour où il a osé dire la chose difficile à voix haute.

Par AnonymeLucas, 22 ans, étudiant ingénieur à Toulouse6 min de lecture

Une femme éveillée dans son lit, pensive

Chaque histoire réunit les vécus de plusieurs personnes.

L’histoire

La nuit où le fichier ne voulait plus s’ouvrir

Lucas était en quatrième année de génie civil dans une école d’ingénieurs de Toulouse. Il partageait une colocation près du campus avec trois autres étudiants. Ses parents tenaient une petite quincaillerie dans le Gers, et il était le premier de la famille à faire des études d’ingénieur.

Chaque semaine, sa mère lui envoyait le même message : « Alors, ce projet, mon grand ? On est fiers de toi. » Il répondait avec un pouce levé. Il ne leur disait pas que les données du groupe étaient un vrai fouillis, que l’encadrant du groupe avait renvoyé la troisième partie deux fois, et que la soutenance était dans cinq semaines.

Un mardi, à deux heures du matin, après trois nuits de quatre heures de sommeil, son ordinateur a planté et le fichier ne voulait plus s’ouvrir. Quelque chose en lui a lâché. Il s’est assis par terre dans la salle de bains, les mains tremblantes, à pleurer si fort qu’il arrivait à peine à respirer. Il ne pensait qu’à une chose : je vais rater, et tout ce qu’ils ont fait pour moi n’aura servi à rien.

Son colocataire, Bastien, a frappé. « Ça va, mec ? » Lucas a dit oui. Bastien n’est pas parti. Il s’est assis derrière la porte jusqu’à ce que Lucas sorte, lui a tendu un verre d’eau et a dit : « Viens, je nous fais des pâtes. »

Ce qui était dur

Pourquoi le stress de fin d’études frappe si fort

La dernière ligne droite empile tout en même temps. Les rendus des autres matières, des camarades de groupe avec leurs propres soucis, un encadrant qui a peu de temps, et une soutenance qui semble décider de tout ton avenir.

Pour Lucas, le travail n’était que la moitié du problème. L’autre moitié, c’était ce qu’il représentait. Son loyer et ses frais d’école venaient des sacs de ciment et des boîtes de clous que vendait son père. Échouer, c’était les décevoir, alors il cachait chaque mauvaise semaine et répétait « ça va » jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien.

Son corps payait aussi : peu de sommeil, trop de café soluble, des repas sautés, aucun jour de repos. Après des semaines comme ça, les petits problèmes finissent par ressembler à la fin du monde. Un ordinateur planté a été la goutte d’eau.

Et puis il y avait les réseaux. D’autres groupes postaient des photos de rapports terminés et de soirées pour fêter ça. Chaque publication semblait prouver qu’il était en retard.

Il croyait aussi que demander de l’aide voulait dire qu’il était faible. Tout le monde avait l’air de s’en sortir. Des mois plus tard, il a appris que la plupart de sa promo ressentait la même chose, et que tous se le cachaient.

Ce qui a aidé

Ce qui a aidé Lucas à gérer le stress des études

Devant une assiette de pâtes à trois heures du matin, Lucas a tout raconté à Bastien. Bastien a écouté, puis l’a aidé à découper les cinq semaines suivantes en une liste sur une serviette en papier : ce qui était à rendre, qui s’en occupait, et ce qui pouvait attendre.

Le lendemain, Lucas a fait ce qu’il évitait depuis un mois. Il a écrit à leur encadrant, expliqué où le groupe bloquait et demandé quinze minutes. L’encadrant leur en a accordé trente et a trouvé le problème dans leurs données en dix. « Il fallait venir me voir plus tôt », a-t-il dit.

Lucas s’est fixé quelques règles pour les cinq dernières semaines. Au lit avant une heure du matin, sans exception. Un vrai repas par jour avec quelqu’un. Une heure chaque dimanche sans rien qui touche au projet. Il était sûr de perdre du temps. Son travail s’est amélioré, parce qu’il arrivait enfin à réfléchir.

Bastien gardait un œil sur lui. Vers minuit, il frappait et posait une seule question : « Tu vas bientôt dormir ? » La plupart des soirs, Lucas fermait l’ordinateur.

Bastien lui a conseillé le service de santé universitaire, et Lucas y est allé, nerveux tout le long du chemin. La psychologue l’a aidé avec la panique qui le prenait chaque fois qu’il ouvrait le fichier, et avec la voix dans sa tête qui disait qu’une mauvaise note faisait de lui un raté.

Puis il a appelé chez lui. « Maman, c’est plus dur que prévu. Je vais peut-être prendre du retard. » Il s’attendait au pire. Sa mère est restée silencieuse un moment, puis elle a dit : « Mon grand, tu comptes plus que le diplôme. Rentre à la maison ce week-end. » Il est rentré, a dormi douze heures et a mangé la garbure de sa mère. Au dîner du dimanche, son père a prié pour lui, ce que Lucas n’avait plus entendu depuis qu’il était petit.

La veille de la soutenance, sa mère lui a envoyé Matthieu 6:34 par texto. Ils ont validé, avec des corrections à faire.

À essayer aujourd’hui

Aujourd’hui : le plan de la serviette en papier

  1. Note tout ce que tu dois rendre dans les deux prochaines semaines.
  2. À côté de chaque chose, écris la toute prochaine étape, assez petite pour être finie en 30 minutes.
  3. Envoie un message pour demander de l’aide : à ton encadrant, à quelqu’un de ton groupe ou à un ami.
  4. Choisis l’heure où tu arrêteras de travailler ce soir, et tiens-la.

Un verset pour aujourd’hui

Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. À chaque jour suffit sa peine.

Matthieu 6:34

Pour toi

Si le stress des études t’écrase en ce moment

Si tu lis ceci à deux heures du matin avec ton mémoire ouvert dans un autre onglet, ferme-le pour ce soir. Un cerveau reposé règle en une heure ce contre quoi un cerveau fatigué se bat toute la nuit.

Ton travail compte, et tu comptes encore plus. Un chapitre en retard, ça se rattrape. Un corps qui tourne avec trois heures de sommeil a d’abord besoin de soin.

Demain, fais une seule chose : dis à une personne à quel point c’est vraiment dur. Un colocataire, quelqu’un de ta promo, ton encadrant, tes parents. La plupart des gens veulent aider et n’ont aucune idée que tu en as besoin.

Si tout te semble sans espoir, ou si tu n’arrives plus à dormir ni à suivre le quotidien depuis plus de deux semaines, parles-en au service de santé de ton université ou à un médecin. C’est une démarche normale, et se faire aider, ça marche.

Si tu veux un point de départ tout de suite, HopeBegins est gratuit. Choisis ce que tu ressens et reçois une petite chose à essayer aujourd’hui, des outils pour t’apaiser les soirs de révisions, quelqu’un qui prie pour toi, et des lignes d’écoute gratuites pour parler à quelqu’un. Si tu tournes à vide, lis Quand on est à bout.

Ça ne va pas aujourd’hui ?

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Ce que les gens se demandent

Comment gérer le stress du mémoire ou du projet de fin d’études ?

Découpe le travail en petites étapes, va voir ton encadrant tôt quand tu bloques, et protège ton sommeil et tes repas. Si le stress t’empêche de fonctionner pendant des semaines, parles-en au service de santé de ton université.

Est-ce normal de craquer à cause du stress des études ?

Beaucoup d’étudiants atteignent un point de rupture quand la pression s’accumule pendant des semaines sans repos. C’est un signe qu’il faut ralentir et se faire aider, et en parler à quelqu’un de confiance est un bon premier pas.

Les citations bibliques sont tirées de la Bible Louis Segond (1910), domaine public.

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