Solitude
La solitude dans une nouvelle ville : la première année de Pauline
Le poste, c’était le rêve. Les week-ends, c’était le plus dur. Voici comment Pauline a peu à peu fait de Paris un endroit un peu plus à elle.
Par AnonymePauline, 24 ans, nouvelle à Paris, originaire de Pau5 min de lecture

Chaque histoire réunit les vécus de plusieurs personnes.
L’histoire
Dîner seule au milieu de millions de gens
Pauline a reçu l’offre en janvier : un poste d’analyste junior dans une banque à La Défense. Sa famille, à Pau, a fêté ça avec un gâteau basque de la boulangerie d’à côté. Deux semaines plus tard, elle déballait ses cartons dans un studio de 18 m² à Montreuil, à peine plus grand que son ancienne chambre.
La semaine, ça allait. Le travail l’occupait, et le métro mangeait le reste de la journée. Le week-end, c’était autre chose. Le samedi matin, elle se réveillait dans le silence. Elle dînait debout devant le plan de travail, en regardant des vidéos de chez elle. Sa mère appelait tous les dimanches. « Qu’est-ce que tu as mangé, ma puce ? » Pauline racontait toujours quelque chose de plus joli que la vérité.
Elle se disait que c’était temporaire. Une fois habituée à la ville, ça irait mieux. Les mois ont passé, et les week-ends sont restés les mêmes.
Au travail, tout le monde avait déjà sa bande. Les collègues sortaient boire un verre après le boulot avec des amis rencontrés des années avant son arrivée. Pauline souriait à la machine à café, disait « bonne soirée » devant l’ascenseur et rentrait chez elle.
Un samedi de mai, ça lui est tombé dessus. Elle n’avait pas dit un seul mot à voix haute depuis vendredi après-midi. Elle s’est assise par terre dans son studio et a pleuré, puis s’est trouvée bête de pleurer. Elle avait le poste qu’elle voulait. Pourquoi se sentait-elle comme ça ?
Ce qui était dur
Pourquoi la solitude pèse autant quand on arrive dans une nouvelle ville
Pauline n’avait jamais vraiment vécu seule. À Pau, il y avait toujours une tante qui passait, un cousin au portail, le culte du dimanche avec les mêmes visages depuis l’enfance. Elle ne s’était jamais fait d’amis en partant de zéro. Ils étaient simplement là.
À Paris, tout demandait un effort, et la solitude vide justement l’énergie dont cet effort a besoin. Après une longue semaine, rester chez elle semblait plus facile qu’entrer dans une pièce pleine d’inconnus. Chaque week-end passé à la maison rendait le suivant plus difficile.
Elle avait aussi l’impression de ne pas avoir le droit de se plaindre. C’était elle qui était partie, elle qui avait le bon poste. Dire « je me sens seule » lui semblait avouer un échec.
La solitude changeait aussi sa façon de lire les gens. Une collègue qui répondait tard semblait agacée contre elle. Un déjeuner où on ne l’avait pas invitée devenait la preuve qu’elle n’avait pas sa place. La plupart du temps, elle l’a compris plus tard, tout ça se passait dans sa tête fatiguée.
Ce qui a aidé
Ce qui a aidé Pauline à se sentir moins seule
Le changement a commencé petit. Une collègue, Mélanie, a mentionné qu’elle venait de Bayonne. Pauline a failli laisser passer le moment. Puis elle a dit : « Moi, je suis de Pau ! On déjeune ensemble ? » Elles ont mangé à la cantine de la tour et sont tombées d’accord : à Paris, personne ne sait ce qu’est une chocolatine.
Pauline s’est fixé une règle : dire oui à une chose par semaine, même fatiguée. Un pot d’équipe le vendredi. Un club de course à pied qui se retrouvait le samedi à 7 heures le long du canal. La plupart des semaines, c’était gênant. Certaines semaines, ça ne l’était pas, et ça suffisait pour continuer.
Elle a trouvé une église évangélique près de chez elle et y est allée trois dimanches de suite avant que quelqu’un lui parle. Le troisième dimanche, une femme, Nathalie, lui a proposé de rejoindre un groupe de maison de jeunes actifs qui se retrouvait le mercredi soir. Pauline y est allée. Six mois plus tard, c’était la soirée qu’elle attendait toute la semaine.
Elle a fait de son studio un endroit à elle. Une petite plante du marché aux fleurs, une photo encadrée de sa famille sur la plage de Biarritz, et une cocotte pour cuisiner la poule au pot de sa mère le dimanche. L’odeur de la maison rendait le silence plus facile.
Elle a arrêté de faire semblant avec sa mère. Un dimanche, au téléphone, elle a dit : « Maman, des fois, je me sens seule ici. » Sa mère n’a pas paniqué. Elle s’est mise à lui envoyer des messages vocaux chaque matin, des petites nouvelles du chien et du figuier du voisin. Pauline les écoutait dans le métro.
Les soirs les plus durs, elle lisait Psaumes 46:2. Sa grand-mère l’avait recopié sur la première page de la Bible que Pauline avait emportée.
À essayer aujourd’hui
Cette semaine : un petit oui
- Regarde ta semaine et choisis une chose à laquelle dire oui : un déjeuner, un cours ou un culte.
- Écris à quelqu’un de chez toi juste pour dire bonjour, sans raison particulière.
- Apprends le prénom d’une personne que tu croises souvent, comme le gardien ou la boulangère.
- Un week-end calme, prévois une raison de sortir, même une balade jusqu’à un café.
Un verset pour aujourd’hui
Dieu est pour nous un refuge et un appui, Un secours qui ne manque jamais dans la détresse.
Psaumes 46:2
Pour toi
Si la solitude te pèse dans une nouvelle ville
Si tu as déménagé pour le travail ou les études et que tes week-ends sont silencieux, cette solitude a du sens. Tu as laissé derrière toi tout un réseau de gens, et un nouveau réseau prend du temps à se tisser.
Choisis un petit oui cette semaine. Un déjeuner, un cours, un culte, un bonjour à quelqu’un de ta région. Certains seront gênants, et il suffit que quelques-uns marchent.
Si la solitude devient une tristesse qui dure plus de deux semaines, ou si elle commence à toucher ton sommeil et ton travail, parles-en à un médecin ou à un psychologue. C’est une démarche normale, et se faire aider, ça marche.
Et pour ce soir, HopeBegins est gratuit. Choisis ce que tu ressens et reçois une petite chose à essayer aujourd’hui, des outils pour t’apaiser, quelqu’un qui prie pour toi, et des lignes d’écoute gratuites pour parler à quelqu’un quand l’appartement est trop calme. Tu aimeras peut-être aussi Quand la solitude pèse.
Ça ne va pas aujourd’hui ?
HopeBegins est gratuit. Choisis ce que tu ressens et reçois une petite chose à essayer aujourd’hui, des outils pour t’apaiser, quelqu’un qui prie pour toi et une ligne d’écoute gratuite dans ton pays.
Ce que les gens se demandent
Est-ce normal de souffrir de solitude après un déménagement dans une nouvelle ville ?
Oui. Tu as laissé ta famille et tes amis derrière toi, et les nouvelles amitiés mettent des mois à se créer. En général, ça s’apaise à mesure que tu construis de petites habitudes avec des gens.
Comment se faire des amis dans une nouvelle ville quand on est adulte ?
Dis oui à de petites choses régulières où tu revois les mêmes personnes chaque semaine, comme un groupe de maison à l’église, un cours ou un club. C’est en revoyant les mêmes visages, encore et encore, que les amitiés commencent.
Les citations bibliques sont tirées de la Bible Louis Segond (1910), domaine public.
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